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Publié par christian guittard

21 jui 2008Par  Marine Turchi  Mathilde Mathieu  www.mediapart (Source et suite de l'article)

«Ils instaurent la monocratie avec une voix d'avance!», s'est exclamé le socialiste Arnaud Montebourg, écœuré à l'annonce des résultats du scrutin, lundi 21 juillet. De fait, à l'issue du Congrès, 539 parlementaires (contre 357) ont voté pour la «modernisation des institutions», soit une voix de plus que le minima requis.

 Les socialistes ont illico jeté leur opprobre sur Jack Lang, le seul au PS à s'être prononcé en faveur de la révision. «J'espère que Sarko a envoyé le cordon de sécurité», a ironisé Jean-Christophe Lagarde, du Nouveau centre. A deux pas, Delphine Batho, fidèle de Ségolène Royal, réclamait en effet «des sanctions rapides». «De toute façon, quelque part, il nous a déjà quitté, lui rétorquait Jean-Marc Ayrault, patron des députés socialistes. Tout cela est pathétique!».

 Au-delà du "cas Lang", les élus du PS ont raillé une «victoire étriquée», entachée d'une légitimité «vacillante». En clair, «une défaite politique», selon Delphine Batho: «Sur un plan juridique, le score est là, mais aux vues des pressions exercées par le pouvoir ces derniers jours, c'est un résultat ridicule !».

 Côté UMP, où l'on avait prédit une bataille serrée, les répliques avaient été préparées, les "éléments de langage" distribués. Dans toutes les bouches, une seule phrase: «Souvenez-vous que la République a été adoptée à une voix près» -par 353 suffrages contre 352, en 1875. Une paire d'indisciplinés ont préféré lâcher une blague: «Pour la mort de Louis XVI, pareil : une voix d'écart!».

 Déjà à 19h00, Rachida Dati, la garde des Sceaux, débarrassée d'une réforme qu'elle a portée comme un boulet, apposait un sceau officiel sur la Constitution ainsi modifiée.

 Au long des galeries, tous les ténors de l'UMP, soulagés, se sont ensuite efforcés de faire passer un message: «D'accord, nous gagnons avec une seule voix d'avance, mais pour une révision constitutionnelle, la majorité requise est fixée à 3/5e des suffrages exprimés, pour garantir justement toute la légitimité nécessaire», glissait le sénateur Jean-Jacques Hyest, président de la Commission des lois. Roger Karoutchi, le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, traduisait «pour que le grand public comprenne»: «C'est tout de même passé avec 60% des bulletins, plus un!». Bref, «une victoire éclatante», selon le jeune député UMP Lionel Tardy, qui juge que «les plus difficiles sont toujours les plus belles!».

 Vers 19h30, un compte-rendu officiel a levé les dernières interrogations sur le scrutin (pour le détail des votes, cliquez ici) :

 - à l'UMP, 7 irréductibles ont dit "non" (villepinistes, chiraquiens et souverainistes), tandis qu'un député s'est abstenu.

- au PS, 1 seul a voté pour (Jack Lang).

 - chez les radicaux de gauche, 12 ont suivi leur chef de file, Jean-Michel Baylet, sur le «oui», mais 5 autres ont voté «non», et 1 sénateur a préféré l'abstention.

 - les 5 villiéristes se sont opposés, comme prévus.

 - quasiment tous les centristes ont voté pour, sauf 5 abstentionnistes et 5 "bayrouistes" (dont François Bayrou lui-même), qui ont opté pour le "non"

 - enfin, l'ensemble des élus communistes et verts ont dit «non»

 Quelques heures avant le scrutin, Catherine Pégard, la conseillère politique de Nicolas Sarkozy, avait passé d'ultimes coups de fil, pas sereine. «Ils ont encore ratissé tous azimuts ce matin, même au PS», confiait ainsi le socialiste Christian Paul.

 

La droite soulagée

 - Rachida Dati, garde des Sceaux, rendant hommage à Jack Lang:

 

© Medipart

 

 - Patrick Devedjian, le secrétaire général de l'UMP, rasséréné:

 

© Mediapart

 

Evoquant Jack Lang:

 

© Mediapart

 

 - Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP:

 

© Mediapart

 

 - Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, qui a voté lundi (contrairement à l'usage):

 

© Mediapart

 

 - Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée:

 

© Mediapart

 

Questionné sur une éventuelle exclusion de Jack Lang:

 

© Mediapart

 

 - Julien Dray, candidat au poste de premier secrétaire du PS et proche de François Hollande, à propos des militants socialistes de Boulogne-sur-Mer qui ont élu Jack Lang:

 

© Mediapart

 

 - Bernard Frimat, vice-président du groupe PS au Sénat, interrogé sur l'étroitesse de la victoire:

 

© Mediapart

 

Et -forcément- sur Jack Lang:

 

© Mediapart
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