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Publié par christian guittard

18 jui 2008Par Laurent Mauduit www.mediapart.fr (source et suite de l'article)
« Je voudrais que cesse cette campagne. Qu'on arrête d'essayer de politiser cette décision qui n'a aucune raison de l'être. M. Sarkozy n'y est pour rien, ni de près, ni de loin. » Depuis qu'il a obtenu la formidable indemnisation de 395 millions d'euros que lui a accordée le tribunal arbitral, en dédommagement de la vente d'Adidas par le Crédit lyonnais, Bernard Tapie court micros et caméras pour jurer ses grands dieux - croix de bois, croix de fer...- que la politique n'a rien à voir avec la bonne fortune dont il vient de profiter. A l'en croire, c'est tout bonnement la justice qui a fait son œuvre; la justice, impartiale comme il se doit, qui a fini par admettre son bon droit.

 

 La vérité, pourtant, c'est que la politique a lourdement pesé en la matière. Et Mediapart en a trouvé un nouvel indice : les représentants de l'Etat qui siègent au sein de l'Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR), qui était au cœur de la bataille judiciaire contre Bernard Tapie, ont reçu des instructions très fermes du ministère des finances pour interrompre la procédure judiciaire, au moment même où elle tournait à l'avantage de l'Etat et au désavantage de Bernard Tapie.

 Pour comprendre l'importance de cet épisode, il faut se replonger dans la bataille judiciaire de ces dernières années. Elle est marquée par un rebondissement décisif : la juridiction suprême qu'est la Cour de cassation casse le 9 octobre 2006 un arrêt antérieur de la cour d'appel de Paris, jugeant qu'elle n'a pas mis en évidence une faute du Crédit lyonnais, et annule une indemnisation de 135 millions d'euros accordée à Bernard Tapie. La Cour de cassation décide donc du renvoi de l'affaire devant la cour d'appel de Paris pour qu'elle soit rejugée sur le fond.

 Après plus de treize ans de procédures, les dirigeants de la banque, et ceux de la structure de défaisance qui a vu le jour au moment de son naufrage, le Consortium de réalisation (CDR), ont donc tout lieu d'être satisfaits : puisqu'ils ont gagné en Cour de cassation, et que le juridiction suprême a admis que Bernard Tapie n'a subi aucun préjudice, ils ont l'assurance que la bataille va bientôt prendre fin. Et qu'ils vont définitivement l'emporter.

 L'Etat lui-même devrait avoir tout lieu de s'en réjouir. Depuis le sinistre du Crédit lyonnais, le CDR est adossé à un établissement public, l'EPFR, dont il dépend. La victoire en cassation du CDR contre Bernard Tapie, c'est donc celle de l'Etat : c'est le gage que l'argent public ne sera pas sollicité pour une indemnisation indue au profit de l'homme d'affaires.

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