Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Catégories

Archives

Publié par christian guittard


17 jui 2008Par  Mathilde Mathieu  www.mediapart  (source et suite de l'article)«Nous hésitions entre le non et le non; ce sera non», a ironisé le sénateur socialiste Bernard Frimat, mercredi 16 juillet, en réponse à l'interview de Nicolas Sarkozy sur la réforme des institutions, annonçant in extremis dans Le Monde quelques initiatives en faveur des droits de l'opposition.

 

 Ces déclarations présidentielles, d'ailleurs, n'étaient pas tant destinées à charmer les socialistes (déjà fixés sur le "Non"), qu'à présenter quelques gages de bonne volonté à l'opinion. Un moyen pour le président de la République, à cinq jours d'un Congrès de Versailles incertain, de persuader les Français qu'il aura tout tenté.

 Parmi les perches ainsi tendues, le chef de l'Etat a déclaré sa volonté de voir le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) modifier les règles de répartition du temps de parole dans les médias. Mission assignée à l'autorité indépendante: autoriser la gauche à répliquer, sans pour autant piocher dans son quota, «chaque fois que le président de la République tiendra un propos qui concerne la politique française».

 Par ailleurs, Nicolas Sarkozy s'est engagé à mettre en œuvre les idées du président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, qui avait souhaité le 9 juillet retoucher le règlement intérieur du Palais-Bourbon, afin d'augmenter les droits de l'opposition (télécharger ici et son courrier). Au menu des concessions: «l'égalité du temps de parole» avec la majorité au Parlement, dans les débats et les questions d'actualité; des assurances sur le droit d'amendement; et la possibilité de créer des commissions d'enquête chaque année.

 Mercredi, après avoir décrié le fond des annonces, «virtuelles» et «dénuées de traduction juridique», les socialistes ont surtout dénoncé la méthode: des promesses lâchées en bout de course et supposées corriger deux mois de travaux parlementaires. En clair, «une aumône» octroyée tout à trac depuis le Palais de l'Elysée, alors même que le Sénat examinait encore le projet de révision et s'échinait à repousser les amendements socialistes portant sur les mêmes sujets.

 Aux yeux du PS, ce geste tardif et «condescendant» de Nicolas Sarkozy sonne comme «un aveu» et vient éclairer le «véritable sens» de son projet constitutionnel: une revalorisation en trompe-l'œil du Parlement et un renforcement dans les faits de la «dérive présidentialiste».

 Ecoutez les réactions des ténors du parti :

 - le sénateur Bernard Frimat, vice-président du groupe PS, qui se demande quel sera l'appât suivant: «un week-end sur le yacht de Bolloré?»:

 

© Mediapart (1'05)

 

 - le premier secrétaire, François Hollande:

 

© Mediapart (52')

 

 - le patron des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, «scandalisé»:

 

© Mediapart (50')

 

 Toute la journée, la droite a pourtant souligné le poids des concessions accordées par Nicolas Sarkozy, qualifiées d'«avancées considérables» par Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée. De fait, réellement mises en œuvre, ces propositions présenteraient bien quelque bénéfice pour les socialistes.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article