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Publié par christian guittard

23 mai 2008Par  Edwy Plenel  www.mediapart.fr  (Source et suite de l'article)

Mediapart, votre journal payant d'information en ligne, n'a que deux mois d'existence. Deux mois qui ont déjà prouvé que notre pari, loin d'être fou, était réaliste. Le nombre d'abonnés a été doublé, atteignant aujourd'hui les 7.200. Le taux de renouvellement dépasse les 98%. Le nombre de visiteurs uniques avoisine les 300.000. Et vous êtes près de 500 lecteurs à contribuer régulièrement à la vie du journal par vos commentaires, articles, blogs individuels et éditions collectives. Il nous faut maintenant transformer l'essai : doubler à nouveau le nombre d'abonnés, pour atteindre 14.000 durant l'été ; faire connaître la richesse de Mediapart à un public plus large ; l'installer comme l'exemple d'une presse libre réinventée sur le Net. C'est pourquoi nous avons décidé de partir en campagne...

Dans le paysage médiatique actuel, Mediapart est à part, et l'assume. A part, à tous points de vue. C'est un site, mais c'est aussi un journal. Un média numérique, mais aussi une presse classique. Un journalisme moderne, mais dans la fidélité aux traditions. Un journal de journalistes, ne dépendant que de ses lecteurs, quand, presque partout ailleurs, d'autres intérêts et d'autres contraintes interviennent ou pèsent. Un journal payant, pariant sur la fidélité et l'adhésion de ses lecteurs, quand la vulgate du moment n'a que la gratuité en tête, avec la course à l'audience et la dépendance publicitaire comme conséquence et perdition. Un journal exigeant, qu'il faut prendre le temps de découvrir avant de s'inventer ses habitudes de lecture, quand, ailleurs, la facilité, l'immédiateté, la superficialité, les modes éphémères et les renoncements durables l'emportent.

  Evidemment, un tel programme encourt le reproche d'arrogance, et il viendra forcément dans les commentaires, animant le débat participatif. Autant l'affronter d'emblée. Quelle drôle d'époque, basse et mesquine, que celle où l'ambition, professionnelle et démocratique en l'espèce, est immédiatement moquée et dévaluée.

  Notre presse irait donc si bien et notre démocratie avec elle pour que l'on puisse se passer de rêves, de défis, de risques réalistes et d'utopies concrètes ? A part, Mediapart se veut en effet au cœur. Au cœur des enjeux soulevés par la crise historique que traverse aujourd'hui la presse française. Au cœur de toutes les questions qu'elle soulève et de toutes les remises en cause qu'elle appelle : culture professionnelle, relation avec les lecteurs, modèle économique, nécessité démocratique, etc.

 Il est temps que le journalisme libre se batte, enfin. Pas le dos au mur, mais drapeau déployé. Pas en s'arrangeant d'un sort peu enviable, mais en s'inventant un avenir nouveau. Pas seulement contre, mais pour. Pour que l'information ne soit pas une marchandise, ni un support publicitaire. Pour que nous ne vivions plus dans un univers où les médias sont partout et l'info nulle part, comme le disaient fort bien, il y a un an, des manifestants étudiants. Pour que l'information ne devienne plus une distraction, mais retrouve sa valeur d'usage essentielle, démocratique, indispensable à des lecteurs citoyens. Pour que le journalisme, au lieu de s'accommoder des pouvoirs, de leurs privilèges et de leurs corruptions, relève le défi de l'intelligibilité et de la compréhension du monde et du présent, sans lequel il n'est pas de communauté démocratique véritable et vivante.

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