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Publié par christian guittard

13 mai 2008Par  Jordan Pouille  www.mediapart.fr  (source et suite)
Dire que la presse écrite est en crise, c'est désormais frôler le pléonasme. Sous-capitalisation, glissement des revenus publicitaires vers d'autres médias, coûts élevés de fabrication, manque de kiosques et baisse du lectorat: les facteurs de cette crise sont identifiés. Pour autant, les aides substantielles de l'Etat, qu'elles soient directes ou sous la forme d'allègements d'impôts, n'ont pas empêché cette année de nombreux quotidiens d'engager des plans sociaux et de rogner dans leurs effectifs pour éviter la faillite. De quoi poser aujourd'hui la question de l'efficacité de ces aides.

 

 Quels types d'aides, pour quels montants?

 En 2008, le total des aides publiques directes octroyées à la presse nationale, hors AFP, s'élève à 175,1 millions d'euros, contre 183,2 en 2005 et 113,6 en 1990. Bien qu'il s'agisse d'argent public, le montant des sommes versées par journal n'est, à Bercy comme à la Direction du développement des médias, pas communiqué.

 Mais le montant global des aides publiques est bien loin de la réalité de ces aides dites directes. Car les aides publiques se présentent surtout sous la forme d'aides indirectes, comme une TVA réduite à 2,1%, des exonérations fiscales pour les journalistes (7650 euros à déduire des revenus annuels) ou des aides versées directement à la NMPP, organisme chargé de la distribution des journaux.

 En 2005, ces aides étaient évaluées à plus de 1,3 milliard d'euros ! Néanmoins, Sophie Lecointe, du bureau du régime économique de la presse et des aides publiques de la DDM, déplore cette situation : «Les montants détaillés et les effets économiques des aides indirectes ne sont pas enregistrés par nos services.»

 

 

 Dans la liste des aides directes on peut rappeler les réductions tarifaires de la SNCF facilitant le transport ferroviaire des journaux, l'aide à l'expansion de la presse française à l'étranger, l'aide au portage, l'aide à la distribution de la presse quotidienne nationale. Concernant les aides concourant au maintien du pluralisme, il faut préciser qu'elles sont accordées soit aux publications nationales à faibles ressources publicitaires, soit aux quotidiens régionaux à faibles ressources en petites annonces.

 En 1999, a été mis en place un système « visant à la modernisation et à la diversification vers le multimédia des entreprises de presse ». Ce soutien tendant à favoriser l'accès de telles entreprises au support numérique se décompose en deux fonds, l'un offrant au public l'accès aux contenus des journaux, magazines et revues sur les nouveaux supports numériques, l'autre permettant une modernisation de la presse quotidienne.

 Ces aides sont accordées sous la forme d'avances partiellement remboursables, et plus rarement sous forme de subventions. Par exemple, le quotidien L'Humanité, qui a dû vendre son siège historique en février dernier, a obtenu une aide publique pour financer le câblage réseau de son tout nouveau bâtiment, loué près du Stade de France.

 Depuis 2002, la direction du développement des médias s'est attachée à rationaliser le dispositif des aides directes à la presse en modifiant les modalités d'attribution et en les identifiant clairement aux titres de la presse quotidienne d'information politique et générale.

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