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Qui est pauvre en France?

par christian guittard 1 Mai 2008, 07:50 information



Le rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES), publié le 29 avril, montre que, d’un point de vue statistique, le nombre de pauvres n’augmente pas. Mais que l’"intensité" de la pauvreté est plus forte. La population pauvre n'augmente pas numériquement, mais sa situation financière se dégrade. Les pauvres sont donc de plus en plus pauvres (lire l’article de Laurent Mauduit à ce sujet).

 

Et si le taux de pauvreté monétaire n'a pas augmenté de manière significative depuis le précédent rapport datant de 2006, il ne diminue plus depuis 2002. Les inégalités territoriales sont très fortes, les zones les plus touchées étant le nord, l'est et le pourtour méditerranéen. L'isolement est par ailleurs un facteur majeur d'entrée dans la pauvreté, quel que soit l'âge : les familles monoparentales sont ainsi très touchées. En ce qui concerne le travail, l'emploi à temps plein continue de préserver de la pauvreté. Mais le temps partiel cause des dégâts lourds : 1,7 million de personnes, soit 7% des travailleurs, occupent un emploi mais sont pauvres.

Mais qu'est-ce qu'être pauvre ? Qui définit la pauvreté ? Et, au final, de quels instruments dispose-t-on pour mesurer la pauvreté de la population ? L'observatoire poursuit sa réflexion sur le sujet afin de mieux connaître, et donc mieux combattre la pauvreté.

En 1984, lors d’un conseil des ministres de l’Union européenne, ont été définies comme pauvres «les personnes dont les ressources matérielles, culturelles et sociales sont si faibles qu’elles sont exclues des modes de vie minimaux acceptables dans l’Etat dans lequel elles vivent». En clair, le seul revenu monétaire ne suffirait pas à mesurer la pauvreté. Il faudrait aussi prendre en compte les conditions de vie.

En France, on privilégie une approche relative de la pauvreté. C’est-à-dire qu’on la lie au niveau de vie du pays, alors que l'approche absolue de la pauvreté met l’accent sur le fait de disposer des «ressources fondamentales». L’ONPES s’inscrit dans cette logique française. Mais tente de combiner l’approche monétaire avec une approche en termes de conditions de vie.

L’approche monétaire considère comme pauvres les personnes vivant dans des ménages dont le niveau de vie est inférieur à un montant donné. Il s'agit du fameux seuil de pauvreté. Ce seuil est calculé à partir de la médiane des niveaux de vie (la moitié de la population gagne plus, la moitié gagne moins). Pour l’Insee comme pour Eurostat (institut européen de la statistique), le seuil de pauvreté est fixé à 60% du niveau de vie médian.

Pour comparer les niveaux de vie de ménages de taille différente, on utilise une mesure du revenu corrigé par unité de consommation. La pondération de l’Insee est la suivante :
– 1 unité de consommation pour le premier adulte du ménage;
– 0,5 unité pour les autres personnes de 14 ans et plus (car dans un ménage il n’est pas nécessaire de multiplier tous les biens de consommation, notamment les biens de consommation durable);
– 0,3 unité pour les enfants de moins de 14 ans.

Ainsi, un ménage composé d’un couple et de deux enfants de 14 et 8 ans, disposant d’un revenu mensuel de 1500 euros en 2005, sera considéré comme pauvre monétairement car son revenu corrigé est de 1500/ (1+0,5+0,5+0,3) = 652,17 euros. Or ce revenu est inférieur au seuil de pauvreté monétaire à 50% (681 euros) comme à 60% (817 euros).
En revanche, un couple sans enfant disposant d’un revenu mensuel de 1300 euros ne sera pas considéré comme pauvre, puisque son revenu corrigé sera de 1300/1,5 soit 866 euros.

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