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Alain Bauer, «joker» sécuritaire de Sarkozy

par christian guittard 20 Mars 2008, 13:03 information

17 Mar 2008 Par  Erich Inciyan sue MediaPart

Alain Bauer se verrait bien ministre délégué à la sécurité dans le prochain gouvernement. «Nicolas Sarkozy m'en a parlé une seule fois de manière explicite, il y a plus d'un an. Il m'a dit que s'il était élu à la présidence de la République, il me prendrait dans son équipe gouvernementale pour m'occuper des questions de sécurité.» Depuis, Alain Bauer voit Nicolas Sarkozy «tous les quinze jours, quatre fois la semaine dernière», a-t-il assuré lors de notre rencontre, jeudi 13 mars.

 

Et l'ancien socialiste de préciser que son «rapprochement avec Sarkozy remonte à 2001. Il m'a demandé de passer déjeuner à Neuilly. A l'époque il pensait devenir Premier ministre et voulait refaire une politique de sécurité intérieure.» Puis, sibyllin : «Je lui ai juste fait ce que j'avais fait avec d'autres ministres de l'Intérieur, de Pierre Joxe à Daniel Vaillant.» Quand il était place Beauvau, en 2006, Nicolas Sarkozy avait indiqué: «Rien au ministère ne se fait sans les conseils, l'impulsion, les idées d'Alain Bauer.»

Alain Bauer, homme «d'ouverture» à la mode d'aujourd'hui ? Il se définit aujourd'hui comme un «rocardien historique maintenu». A quinze ans, il adhérait au parti. Il l'a quitté en 1994, après les élections européennes. «Je suis un rocardien non adhérent du PS... Il faudrait d'ailleurs qu'il y ait encore un Parti socialiste pour cela.» Mais il voit toujours régulièrement Rocard. Et l'ancien Premier ministre (Alain Bauer était membre de son cabinet, de 1988 à 1991) «ne le pousse pas dans les bras de Sarkozy».

Le «rocardien maintenu» s'entend aussi bien avec la ministre de l'Intérieur qui, à la surprise des policiers, l'embrasse lors des congrès syndicaux. Il connaît Michèle Alliot-Marie, depuis 1981. Alain Bauer était alors vice-président de l'université Paris-I, en tant que représentant des étudiants, et la future ministre y enseignait. «Quand la droite se retrouvait dans l'opposition, je m'arrangeais pour que Michèle ne fasse pas cours devant trois cents étudiants de gauche dans l'amphi N [à Tolbiac]. Je lui trouvais plutôt un troisième cycle sympa au Panthéon. »

 

Plus récemment, un conseiller dernièrement congédié de l'Elysée, David Martinon, avait glissé à MAM qu'Alain Bauer «voulait sa place». La ministre en a fait part à son ancien collègue d'université et ils en ont bien ri.

Dans l'ombre, du syndicalisme étudiant à la franc-maçonnerie

A l'époque du syndicalisme étudiant, déjà, Alain Bauer avait de l'embonpoint et portait le costume deux-pièces-cravate. Il détonnait au milieu des autres dirigeants de l'Unef-ID. Dans un long article de la revue Politix, La gloire, c'est la galère, en 1988, le jeune dirigeant syndical est interrogé sur son rôle dans le mouvement étudiant de la fin 1986. «Dans la vie, il faut choisir. Soit on fait dans l'ombre, et il faut y rester. Et quand on fait dans l'ombre, c'est vrai qu'on s'octroie des espaces de pouvoir beaucoup plus important que quand on est, bien souvent, en pleine lumière, et qu'on arrive à obtenir des choses différemment. Mais on n'est pas cinq minutes dans l'ombre et trois heures dans la lumière. Il faut choisir.»

Alain Bauer, homme de l'ombre ? Il faut relativiser, car l'un des points de crispation du mouvement étudiant de 1986 portait sur «les négociations secrètes» menées par certains dirigeants. Or, Alain Bauer rencontrait alors en catimini un émissaire du ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua (sur ce dernier point, Alain Bauer confirme le lieu de rendez-vous, une église du Quartier latin, mais refuse toujours de dire le nom de l'envoyé pasquaïen).

L'ombre, aussi, côté franc-maçonnerie. Alain Bauer dit qu'il fut le plus jeune franc-maçon de France, à quinze ans. Puis élu Grand Maître du Grand Orient de France, à trente-huit ans (2000-2003). Mais dément aujourd'hui «jouer l'interface entre la franc-maçonnerie et le gouvernement». Il fait simplement «passer des messages».
Après les municipales, le Président sera toutefois le premier de la Ve République à se rendre au siège du Grand Orient. Lionel Jospin, Premier ministre, l'avait déjà fait. «Quand Jospin était à Matignon, il a dédaigné le Grand Orient. Quand j'ai été élu à sa tête, lui et son équipe m'ont baffé pendant deux ans. Ce n'est qu'à la fin qu'il a renoué les liens. On s'est retrouvé et, le lendemain, j'étais promu dans la Légion d'honneur. »

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