Le prévenu, absent à la barre incarcéré à la prison d'Aurillac a écrit au tribunal qu'il ne souhaitait pas comparaître. Ce jeune délinquant de 21 ans, déjà condamné 29 fois depuis sa première
comparution devant le tribunal pour enfants en janvier 2003, se voyait reprocher 3 délits.
C'est en volant autrui, qu'il exerce ses talents, sa manière d'être d'après Virginie Dufayet substitut du procureur : « je vois, je veux, je prends. »
Il était accusé de tentative de vol avec effraction. D'après ses déclarations, il se rendait chez son médecin ce jour là. Il s'est soi-disant trompé de maison. Lorsqu'il a pénétré à l'intérieur
de la propriété qu'il visitait, il s'est trouvé face à une porte vitrée. Toujours selon ses dires, la vitre était si fine qu'en la heurtant avec sa bague elle s'est cassée. Pour un grand
spécialiste comme lui, il n'a pu résister à l'envie d'aller fouiller l'intérieur. Il a fait un tour, mais n'a rien trouvé à sa convenance. Il a quand même rajouté dans sa déclaration «si j'avais
vu un petit billet, je l'aurais pris. ». Comme il est plus que connu des services de police l'affaire a été été élucidée rapidement car il avait ses empreintes sur la vitre cassée.
Dans le deuxième délit, il était accusé de violences sur sa concubine ayant entraîné une ITT inférieure à huit jours. Comme son amie critiquait son comportement, il a reconnu lui avoir assené 2
gifles « fortes ».
La troisième comparution, il la devait à son attirance pour les autoradios de qualité. Possesseur en duo d'un véhicule non équipé d'autoradio, le prévenu s'est chargé de mettre un terme à ce
manque.
Dans la nuit du 14 février 2006, il a effectué une razzia sur des véhicules en stationnement. Il a d'ailleurs déclaré aux policiers « je cherchais un bon autoradio avec une clé USB.
»
Ce puriste de l'autoradio a d'abord cassé la vitre d'un véhicule et volé un poste sans clé USB. La déconvenue du moment passée, il a continué son périple destructeur. Sur le deuxième véhicule à
la vitre récalcitrante, il a forcé la portière. Il a continué son chemin et a encore dégradé 2 autres véhicules où il a volé des haut-parleurs.
Virginie Dufayet, substitut du procureur, a requis deux ans d'emprisonnement ferme de ce multirécidiviste en demandant au tribunal de ne pas infliger une peine inférieure à un an. Le président a
entendu les réquisitions condamné le prévenu à 2 ans d'emprisonnement ferme. Donné sortant de prison le 14 octobre 2009, le prévenu va occuper encore quelque temps une cellule à la maison d'arrêt
d'Aurillac.
Argent et belle-famille
Lorsque le beau-père n'aime pas son futur gendre et que ce dernier lui abime sa moto, la fin de l'histoire se termine au tribunal.Le jeune amoureux, vivait avec sa compagne au domicile de son
beau-père parti plusieurs mois. Pendant son absence il avait laissé sa moto 600 cmc rangée dans le garage, batterie enlevée.
Don Juan, n'ayant pas de voiture s'est vu fort tenté d'utiliser le véhicule. Un jour son amie tombe malade, le médecin établit une ordonnance. Don Juan en n'écoutant que son coeur se précipite à
la pharmacie pour acheter les médicaments. Comme il n'avait pas le permis moto, il était un peu expérimenté. Comble de malchance, il pleuvait ce jour-là. Arrivé dans la cité Géraldienne, il fut
surpris par une voiture freinant brutalement. En voulant l'éviter, il tomba et la moto en subit les conséquences : rayures et bosses.
Le beau-père, peu conciliant, porta plainte et le prévenu se retrouvait jeudi devant le tribunal accusé de dégradations de biens d'autrui et de conduite sans permis.
Jacques Mézard, avocat du beau-père, a fait état d'un devis de réparation de 4356,47 € pour le préjudice subit par son client.
Maître Portal, avocate du prévenu a pointé des contradictions dans le dossier. Les gendarmes n'avaient fait état dans leur procès-verbal que d'une choc sur un côté de la moto. D'après elle «
le devis c'est pour refaire entièrement la moto, c'est une basse vengeance. »
Don Juan, s'est vu condamner par le tribunal a effectuer un stage de sensibilisation à la conduite, 120 € d'amende pour l'infraction et à payer 4356,47 € de dommages et intérêts au beau père
plaignant.
On ne sait pas si l'apaisement familial entre les protagonistes sera au programme des prochains mois.
Chat sauvage et gifle thérapeutique
L'affaire s'est déroulée comme une véritable pièce de théâtre en 3 actes, premier acte : la commande, deuxième acte : le rendez-vous et les coups, troisième acte : le tribunal.
L'affaire se déroule avec en fond la « bonne » société Aurillacoise avec trois personnages : l'acheteuse, le mari (10 000€ de salaire mensuel) et la décoratrice.
Premier acte : l'acheteuse commande des rideaux à la décoratrice. Le marché est conclu de gré à gré par téléphone. Le travail est soi-disant effectué, mais le mari de l'acheteuse n'ayant pas
accepté le devis lui-même renâcle à payer. Il estime que la réalisation n'est pas faite.
La décoratrice impatiente, trépigne et harcèle la cliente pour obtenir son paiement. Cette dernière embêtée, donnent néanmoins rendez-vous à la décoratrice le 24 février 2008. Le rendez-vous doit
avoir lieu au magasin que possède la cliente en centre-ville .
Le décor est planté pour le deuxième acte.
La décoratrice se rend à l'heure convenue au magasin. L'employé de sa cliente lui demande de repasser un peu plus tard car sa patronne n'est pas encore arrivée. La décoratrice revient un moment
après, lorsqu'elle rentre dans la boutique, elle se trouve face à face avec le mari radin. S'ensuit une explication pour le moins orageuse.
D'après le mari, il a eu affaire à un véritable « chat sauvage » qui s'est jetté sur lui et l'a frappé. Il a alors répliqué en donnant une « gifle thérapeutique» à la
décoratrice.
Elle s'est retrouvée a terre, terrorisée par le mari qui mesure plus de 1m90.
Chacun des protagonistes à sa version du deuxième acte. Bien qu'une médiation engagée aurait pu résoudre l'affaire, les deux prévenus se retrouvent à la barre du tribunal pour le troisième acte.
Le mari sûr de son bon droit a refusé la conciliation car il ne voulait pas passer du statut de victime à celui d'agresseur selon ses propos.
Troisième acte : le tribunal
Les prévenus se présentent à la barre en se tenant à une certaine distance l'un de l'autre. On a senti que la décoratrice n'en menait par large à côté du mari imposant. Il manquait la cliente à
la barre pour ce troisième acte.
Le dialogue entre les deux prévenus a été le suivant.
Le mari « je ne suis pas complètement idiot, ça fait 30 ans que j'ai des responsabilités, j'assume mes actes, lorsque j'ai fait quelque chose je le reconnais mais là je ne peux
l'accepter ».
« Elle s'est jetée sur moi comme un chat sauvage ».
La décoratrice « il m'a secoué comme un prunier, je me suis retrouvé dans les portemanteaux, il m'a giflé et m'a jeté dehors. »
Le mari, grand amateur de match de rugby, théorisera sur les coups et leurs influences cutanées. La décoratrice victime ayant obtenu un certificat médical avec neuf jours d'ITT il affirmera que
les traces des coups apparaissent sur le champ et pas 48 heures après comme le précise le certificat médical obtenu par la victime.
Il rajoutera « elle se serait fait donner un coup par une autre personne. »
La décoratrice renchérira « il habite à côté de chez moi et me fait peur maintenant. »
En conclusion du troisième acte, Virginie Dufayet, substitut du procureur a regretté que cette affaire ne se soit pas réglée lors de la médiation pénale.
Pour elle, le mari est hors de propos lorsqu'il remet en cause les capacités du médecin(référent local du tribunal en médecine légale).
Elle n'a d'ailleurs pas compris ce qu'était une « gifle thérapeutique », car les violences de la part du mari sont avérées, il y a eu des blessures graves.
En condamnation elle demandera 1200 € d'amende a l'encontre du mari et 200 € a l'encontre de la décoratrice.
Fin de la pièce, le 20 mars, date à laquelle le jugement a été mis en délibéré.
Délibéré : l'acheteur condamné à plus de 2 500€ d'amende et de dommages et intérêts
La décoratrice : condamnée à 400€ d'amende et de dommages et intérêts