En juillet 2005, le prévenu s'était autorisé des gestes déplacés à l'encontre d’une jeune fille. Il était cité jeudi à comparaître pour agression sexuelle. Un groupe de jeunes travaillait sur un chantier de restauration pendant le mois de juillet. Un soir, une fête est organisée et se termine en discothèque. Un groupe de cinq personnes prend place dans une voiture pour regagner le campement du chantier. Le prévenu, un peu éméché, assis à l'avant du véhicule change de place et rejoint sur la banquette arrière la jeune fille du groupe. Le prévenu, desinhibé, se lance alors dans des manoeuvres réprehensibles, il caresse les cuisses et les seins de la jeune fille de manière un peu appuyée. Celle-ci déposera plainte un an après les faits et demandera 3000 € de dommages et intérêts.
Alexandre Rossi, substitut du procureur, fustigera le prévenu « vous avez eu un comportement qui a dépassé les bornes en pensant que les filles de Paris sont toujours chaudes. »
Le prévenu, sans avocat, ce défendra de manière simpliste. « J'avais bu ce soir-là, mais elle en a rajouté peut-être un peu, à vous de voir c’est vous qui jugez. » En s'adressant au président du tribunal.
Verdict 3 mois de prison avec sursis et 1000 € de dommages et intérêts à verser à la victime.
Un simple contrôle de gendarmerie a déclenché l'affaire. La voiture contrôlée ne paraissant pas nette les gendarmes se rendent au domicile de la propriétaire. La mère du prévenu, déclare alors aux enquêteurs « je l'ai acheté à un membre du grand banditisme, mais je ne peux pas donner son nom. »
L'enquête est alors partie sous un jour nouveau. Le prévenu présent à l'audience avait pour petite amie la soeur du deuxième prévenu absent à l'audience. Ce dernier, avec deux évasions à son actif et huit condamnations est aujourd'hui introuvable.
Les délits commis entre 2002 et 2003 consistaient à voler des voitures, les maquiller et les revendre.
Le prévenu présent, mécanicien de formation, déclarera « j'étais les mains, lorsqu'il m'amenait un véhicule la nuit et que j'avais les pièces détachées, je réparais ! ! »
Il se livrait aussi au burinage des numéros de série des moteurs. Les réparations consistaient à monter un moteur volé sur une voiture volée (remplacer un moteur 4 cylindres par un de 6 cylindres.)
Il en savait un peu sur les trafics, mais pour ne pas perdre sa petite amie le prévenu fermait les yeux.
En plus de la mécanique, il se livrait aussi à la carambouille des cartes grises.
Le prévenu présent, écopera de 4 mois de prison avec sursis et 1000 € d'amende, le prévenu absent a eu droit à 3 mois de prison ferme.
Pendant quatre ans, le prévenu avait détourné 272 712 € à son profit. Sans tenir aucune comptabilité, il avait dilapidé cette somme en remboursant des crédits revolving et en jouant (rapido, PMU, machines à sous etc...)
C'est à la suite d'un contrôle interne de la société qui l'employait : axa finances, que le pot aux roses a été découvert. Lors du travail qui lui avait été confié le prévenu recevait des chèques ou des espèces destinés à des contrats de placement.
Il gardait les espèces et remplissait les chèques à son ordre. Il remettait un faux reçu aux clients. Les 14 victimes identifiées ont été remboursées par la société de placement. Les contrôles internes de la société n'avaient pas bien fonctionné pour en arriver à un tel montant de détournement. Le prévenu s'était laissé griser par la liberté qui lui était accordée car il était surendetté. Il devait rembourser 3000 € par mois à des organismes de crédit avec un revenu mensuel de 1300 €.
Pour Jacques Verdier, son avocat, c'est un dossier d'une simplicité déconcertante. Mais il pointera du doigt la compagnie employant le prévenu. « La victime aurait dû s'apercevoir plutôt des infractions. » « Axa finances n'a jamais mis en oeuvre des contrôles qui aurait mis à jour le modus operandi du prévenu. » Axa finances, la victime, n'a d'ailleurs déposé plainte que deux ans après la découverte des faits. A la découverte des faits elle avait fait signer au prévenu une reconnaissance de dette assortie d'un intérêt de 8% ce qui génère environ 20 000 € d'intérêt annuel.
Le prévenu avait d'ailleurs commencé à rembourser la victime avec des versements de 500 € par mois jusqu'au moment du dépôt de plainte.
Jacques Verdier, terminera sa plaidoirie par « l’addiction aux jeux du prévenu a rendu son raisonnement fallacieux par rapport à ses dettes, mais il appartenait à la partie civile de se réveiller bien avant. »
Le prévenu sera finalement condamné à 9 mois de prison assortis d’un sursis mise à l'épreuve de 36 mois. Il lui reste aussi à rembourser 248 000 € à la victime.