Un truc de ouf
Les séparations dans un couple peuvent être amiables ou ponctuées de violences. C'est le cas du couple où le prévenu comparaissait jeudi 7.
Détenu à la maison d'arrêt d'Aurillac pour une autre affaire, il devait répondre des délits de violence sur concubin et vol.
Le 9 novembre, le prévenu a sérieusement agressé sa concubine, il l'a frappée d'un coup de poing à l'oeil droit et serré sérieusement le cou. Le délit s'est déroulé en pleine ville, la victime n'a dû son salut qu'aux personnes présentes.
Elle lui a lancé un pot de fleur pour ne pas être en reste.
Le 13 novembre, le prévenu s'est rendu a son domicile pour récupérer une paire de lunettes à 700 € selon ses dires. Comme il ne les a pas trouvées, il s'est emparé du téléphone portable de la victime. Elle a dû appeler la police car il commençait à dévaster l'appartement. Très énervé à la barre, le prévenu a lancé des invectives à l'encontre de son ex-concubine présente dans la salle. « Sale p...,elle m'a fait un truc de ouf, j'ai failli me faire buter à cause d'elle. » « Je ne regrette pas de lui avoir mis des coups. » « Je m'en balance, je ne paierais rien, j'ai la haine. »
Comme son casier judiciaire comporte déjà 16 mentions, Alexandre Rossi, substitut du procureur, a demandé la peine la plus adaptée pour ce genre d'énergumène :10 mois de prison ferme.
Le prévenu, toujours très agressif, ne se défendra pas mais trouvera la sanction anodine. « J'ai trop la haine, 10 mois c'est rien du tout, une « pige » 2 « piges » ça n'arrangera rien. »
Charles Charollois, président, ne tombera pas dans le défaitisme hargneux du prévenu, il le condamnera quand même à 8 mois de prison ferme.
30ème comparution
A 24 ans, le prévenu, détenu à la maison d'arrêt d'Aurillac se présentait devant le tribunal pour répondre du délit de vol en réunion. Le 27 mai, un témoin indique avoir vu 3 personnes s'enfuir du centre des congrès avec un ordinateur comme butin. Deux participants dénoncent le prévenu comme étant le troisième larron. D'ailleurs celui-ci déclara en niant sa participation «Moi mes coups je les fait tout seul, je n'ai besoin de personne. »
Des témoins maintiendront leurs accusations lors de la confrontation avec le prévenu. À la barre il soutiendra «je ne les ai jamais vus de ma vie en parlant des deux complices, je n'ai jamais eu l'ordinateur entre les mains. »
« je leur dois 200 € c'est pour cela qu'ils m'accusent. »
Bien que le prévenu soit sortant de prison le 1er mars, Alexandre Rossi, demandera 6 mois de prison ferme pour ce jeune homme « qui a fréquenté plus souvent le commissariat que les bancs de l'école. »
Géraud Méral, son avocat, signalera au substitut du procureur que l'on ne fait pas appel à la notion de récidive légale lors des réquisitions mais dans le cadre du dossier. Pour lui il n'y a que des contradictions dans ce dossier et c'est au ministère public de faire la preuve de la culpabilité du prévenu.
Dans les dépositions, il y a eu un témoin mineur et un autre qui décrivait le prévenu comme mesurant 1m80 ayant la peau mate. Le prévenu ne mesure pas plus de 1m70 et il a la peau blanche.
Un autre témoin déclarera « je suis pratiquement sûr que c'est lui. » Les deux mineurs complices déclarons ont eux aussi que le troisième homme mesurait environ 1m80.
Géraud Méral, demandera au tribunal une relaxe au bénéfice du doute.
Jugement mis en délibéré aux 13 mars.
Vol de foin
Le prévenu, occupe en location une maison entourée de prés depuis 28 ans dans la région de Pleaux.
Courant 2007, la propriétaire du terrain et celle d'un terrain voisin portent plainte pour vol de foin, arrachage de sous-bois, vol de bois et abandon d'ordures.
Le prévenu, agriculteur à la retraite expliquera au tribunal qu'il avait rénové la maison qu'il occupe à ses frais. Il élève des chèvres et moutons « pour s'amuser » selon lui. Mais il occupe des terrains sans bail avec seulement une autorisation verbale. Le président Charollois trouvera que le prévenu a un petit problème à résoudre « apprendre à rester chez lui. »
Certainement courroucé par les tracas de l'affaire, le prévenu s'était laissé aller à menacer une des propriétaires « je vais vous sortir avec la carabine. »
Les propriétaires respectives des terrains ont fait des demandes de dommages et intérêts importantes : 4500 € pour l'une et 500 € pour l'autre.
Alexandre Rossi, fera un constat sur cette affaire « à Aix-en-Provence ou à Marseille le tribunal n'aurait pas eu à connaître ce dossier. »
Mais pour lui « avec des j'ai cru que, j'ai pensé ou on m'a dit que, certains se permettent de grosses légèretés sur la propriété des autres. »
Il demandera 15 jours de prison assortie du sursis et 200 € d'amende pour que le prévenu « ressorte du tribunal avec une épée de Damoclès sur la tête nonobostant un casier vierge. »
Pour son avocat, Me Puech, « il y a 28 ans qu'il occupe les lieux et les faits reprochés remontent à 2007, il y a du règlement de comptes dans cette affaire. » « Ce sont des différents (quelques bottes de foin) qui méritent une appréciation modérée des faits. »
Les errances du prévenu seront sanctionnées par 15 jours de prison avec sursis et 400 € de dommages et intérêts pour chaque plaignante.
Bal, rugby et nez cassé
Ce sont deux affaires pratiquement identiques venues à la barre du tribunal jeudi.
Dans une première, le club de rugby local avait organisé un bal pour la Saint-Sylvestre. Un danseur grand consommateur de bière fait des aller retour du bal à son véhicule pour consommer sa boisson préférée.
La troisième ou quatrième fois où il rejoint l'enceinte du bal le videur de service ne voyant pas le tampon d'entrée sur son poignet, le saisit et le jette dehors vers quatre heures du matin.
Une bagarre aurait suivi la sortie manu militari et la victime s'est alors retrouvée avec le nez cassé et diverses contusions.
Des témoins aux oreilles indiscrètes auraient entendu à ce moment«foutez-moi ce connard dehors, on va t'apprendre à faire la loi. »
Les trois prévenus nieront leur participation à l'agression malgré des témoignages.
Verdict : 40 jours amende à 10 € pour l'un et 400 € d'amende chacun pour les deux autres.
Dans la deuxième affaire, tout se déroule dans une boite de nuit avec encore des joueurs de rugby comme participants.
Un couple récemment séparé se retrouve à l'intérieur de la boite de nuit, ils se chamaillent et en viennent aux mains. Le videur intervient, sort le mari agresseur. Celui-ci qui avait frappé un rugbyman à l'intérieur de l'établissent s'est retrouvé le visage en sang peu de temps après.
Les deux prévenus nieront de concert leur participation à l'agression. Mais ils auraient dit au moment où ils rentraient après avoir sorti le gêneur « c'est bon on s'en est occupé. »
verdict : 10 jours amende à 30 euros pour l'un et 300 € d'amende pour l'autre.
Spécialiste en injures
Les absents ont toujours tort, le prévenu convoqué à comparaître pour outrage à personne dépositaire de l'autorité publique l'a appris à ses dépens.
Cet habitué de l'injure, ne supporte pas de voir un uniforme de policiers. Il les insulte systématiquement, il se sent complètement frustré victime d'attaques personnelles imaginaires de leur part.
Il les a insultés à tout bout de champ au mois d'août 2007 et lorsqu'il est convoqué à la gendarmerie, il met les pieds sur le bureau de l'enquêteur et l'invective.
Il finit par s'excuser et peut être parfois charmant selon les dires des personnes .
Pour avoir réitéré plusieurs fois ses délits, il sera condamné à quatre mois de prison avec sursis et 5 000 € d'amende.
Exploité, il se trompe
Depuis sept ans en France, le prévenu étranger était accusé de vol. Il avait travaillé au noir pendant 3 jours pour 100 € chez un Aurillacois. Ce dernier lui « aurait fait comprendre » qu'il allait mettre des objets à la poubelle. Le prévenu s'est emparé de ceux-ci et à essayer de les revendre. Il s'est fait attraper et a rendu la totalité des objets dérobés. La victime ne s'est pas présentée au tribunal ni portée partie civile « de peur d'être poursuivi pour travail dissimulé » selon Alexandre Rossi.
Sans trop comprendre, le prévenu a été condamné à 40 heures de travail d'intérêt général.
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