Addition salée, huit mois fermes
Le prévenu (37 ans) avait collectionné 3 citations pour l'audience. Une première pour violences sur concubin ayant entraîné plus de 8 jours d'interruption temporaire de travail.
Une deuxième pour appels téléphoniques malveillants (une vingtaine) et menaces de mort réitérée.
Enfin une troisième pour conduite sans permis en récidive, défaut d'assurance et port d'armes prohibées de catégorie 6,7 et 8.
Avec déjà 8 condamnations à son casier judiciaire il comparaissait détenu, depuis le 29 octobre. Sa concubine l'ayant plaqué, il avait très mal pris la chose. Sa réaction fut primaire, il lui à donné des coups de pieds dans les jambes le 9 août. Le 30 août il se rend sur son lieu de travail et lui assène des coups de poings devant les clients du magasin où elle est employée. À la barre, il n'arrêtera pas de regretter les faits et de s'excuser.
Il dira « ne pas avoir le voulu lui faire mal car il pratique la boxe thaïe » Mais il lui avait envoyé par téléphone 21 messages d'insultes et de menaces. «je te mettrais dans une boîte en bois. » « Compte les jours qui te restent à vivre. »
Me Prothé Lemmet, avocat de de la concubine demandera une expertise pour fixer le montant des préjudices, mais elle assortira sa plaidoirie d'une demande de plus de 10 000 € en réparation des dommages.
Virginie Dufayet, substitut du procureur, expliquera que le prévenu avait été largement informé de ne pas importuner sa concubine. Malgré ces avertissements il avait récidivé et alors mis en détention. Elle rajoutera « il n'y a pas eu de de respect pour sa concubine, c'est le degré zéro de la considération. »
Ses réquisitions sur les différentes citations s'élèveront à 14 mois de prison dont 3 avec sursis.
« Pour cette relation qui lui tenait aux tripes », selon son avocat, le prévenu échoppera de 12 mois de prison dont 4 assortis du sursis, 800 € de dommages et intérêts à verser à la victime et une amende de 90 €.
Vol de cloches à vaches
A 37 ans, le prévenu faisait penser à un personnage de bandes dessinées. Assez loquace, s'exprimant franchement et sans détours, il reconnaîtra avoir eu « une drôle de période alcoolique. »
Bonne pâte, dans le premier délit il commet un vol en réunion. L'une de ses connaissances l'avait entraîné à dérober 13 cloches à vaches et une débroussailleuse chez un fermier de la banlieue d'Aurillac. Le propriétaire des objets volés n'avait pas payé le salaire de la connaissance du prévenu. Cette victime avait été quelque mois plus tôt condamnée pour travail clandestin. Le prévenu a commis un autre délit quelque temps plus tard. Il avait recelé un morceau de fromage de Cantal de 1 kilo. À l'audience il précisera qu'il l'a mangé. Mais avant la dégustation, il avait besoin d'un couteau pour le trancher. Son fournisseur avait sur lui l'objet désiré, mais ce dernier provenait d'un vol comme le fromage. Comparaissant pour la quatrième fois devant la juridiction, Virginie Dufayet, substitut du procureur a requis une peine en accord avec les errements du prévenu : 90 jours amende à 5 euros.
Géraud Méral, avocat du prévenu expliquera que son client après sa comparution immédiate du 9 octobre 2007 avait été licencié, la presse ayant fait écho de son affaire. Les objets volés ont été restitués sans difficulté et le prévenu a retrouvé du travail. Le président Charollois a demandé alors au prévenu, comme la loi l'y oblige, s'il acceptait de réaliser un travail d'intérêt général (TIG). Il a préféré une condamnation pécuniaire. Le président Charollois a accepté sa demande et l'a condamné à 40 jours amende à 5 euros. Satisfait, le prévenu a conclu sa comparution par « Ça va être possible pour moi. »
Madame fait le coup de poing
Dans cette affaire, la victime dépose plainte le 27 septembre et la retire le 30 octobre. Le prévenu (44 ans) avait fait les courses le jour du délit, il s'était muni d'un pack de bière et en avait dégusté 4 ou 5. Une discussion avec sa concubine s'est alors envenimée car elle avait mis un steak haché à la poubelle. Le pugilat déclenché, le prévenu a donné un coup sur la joue droite de sa compagne et lui a serré le cou. Il a expliqué à la barre qu'il se défendait car sa compagne l'avait frappé et griffé au visage. Il rajoutera qu'il était en état d'infériorité car sa compagne est plus forte que lui. Charles Charollois, le président, en le questionnant lui a demandé s'il buvait. Réponse « j'ai pas la tête a boire 45 bières par jour. » Le président lui rétorquera « vous savez, on voit de tout à la barre du tribunal. »
Le prévenu insistera pour sa défense sur le côté « accident » de l'altercation. « C'était un accident, c'était pour me défendre, elle m'a défiguré. » Charles Charollois, lui demandera alors pourquoi il n'avait pas fait faire un certificat médical après que sa compagnie l'ait frappé. Le prévenu avouera qu'il n'avait pas osé dire aux médecins que c'était sa compagne qui l'avait frappé. Corinne Sermadiras, son avocat relèvera que pour une fois, on voit à l'audience correctionnelle un homme avouer qu'il s'était fait frappé par sa compagne. Un témoin de la scène a d'ailleurs déclaré lors de son audition que la compagne avait frappé la première. Le prévenu sera condamné à 2 mois de prison assorti d'un sursis mise à l'épreuve pendant 18 mois et obligations de soins.
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