7 prévenus pour la même affaire
Entre mars et avril 2007, ils ont volé et recelé des objets venant d'un café du centre-ville d'Aurillac. Le propriétaire a été cambriolé quatre fois de suite par les mêmes voleurs. Les prévenus avaient entraîné dans leurs délits des mineurs. Le butin, assez disparate, allait de l'écran de télévision LCD de 107 cm à l'ordinateur portable en passant par la caisse enregistreuse. Le butin est passé de main en main. Les explications de certains prévenus à la barre étaient relativement cocasses. Un des prévenu avait acheté le téléviseur couleur « parce qu'il avait donné de l'argent avant d'en prendre livraison ». « C'était pour faire plaisir à ma femme, j'avais le sentiment de faire une bonne affaire ». Un autre prévenu qui avait recelé le téléviseur, très nature à la barre, a essayé de convaincre le président du bien-fondé de son écart.
« Je savais qu'il était volé, mais pour même pas 150 € je n'ai pas résisté». « C'était tellement alléchant cette affaire et puis j'ai trop « kifé » à jouer dessus avec une console pendant deux jours ». En l'entendant s'exprimer, on percevait qu'il avait passé un bon moment. Toujours très direct dans ses propos il plaidera sa cause. « Je suis allé neuf fois en prison dans ma vie ». « alors aujourd'hui en me mettant encore en prison cela n'arrange pas les choses ». « J'ai vécu dans la rue pendant six ans et j'ai dû attendre 25 ans pour toucher le RMI ».Mais malheureusement pour lui, déjà condamné à 18 reprises et en détention provisoire il se verra condamné à 4 mois de prison ferme pour ce délit. En plus il comparaît jeudi pour une autre affaire. Les accusés se sont faits tancer par Nathalie Bany, procureur de la république, qui les a trouvés « tous plus sots et paresseux les uns que les autres », pour elle « ils vivent dans une bulle et comparaître devant le tribunal n'a aucune importance ». Les condamnations se sont échelonnées entre travail d'intérêt général, prison avec sursis, amende et prison ferme.
Vitrine cassée et injures
Dans la nuit du 3 juin 2007, quatre copains sortent d'un restaurant et vont boire un digestif dans un bar. Visiblement un peu chauds, (tous avaient plus d'1 g d'alcool dans le sang), un des compères lance un coup de pied dans la vitrine d'un café du centre-ville et la casse (2 m par 3 ).
Il rentre dans le bar s'excuser et essayer de négocier avec la propriétaire le remboursement du bris de glace.
Cette dernière refuse et prévient le Commissariat. Les policiers arrivent et essaient de régler l'affaire à l'amiable avec la propriétaire. S'ensuit alors une embrouille ou les 3 copains restés dehors s'en mêlent. Ils sont écartés par les policiers, ils répliquent selon les policiers par des injures « bande de tarés, justice nulle part police partout ». Ces dernières illustrent le côté soft de ce qui a été proféré. Deux des trublions sont chargés avec peine dans le fourgon de police pour être mis en cellule de dégrisement.
À la barre les 3 prévenus se défendent avec acharnement en niant la majorité des faits qui leur sont reprochés. Leur attitude a eu le don d'exaspérer Nathalie Bany, procureur de la république, « on a rarement vu une attitude aussi méprisant à la barre de la part de prévenus ». Ses réquisitions seront empreints de sévérité : 200 jours amende à 50 € pour deux des prévenus et six mois de suspension du permis de conduire pour le troisième.
Revenant à la barre pour leur défense, ils ne baisseront pas la garde. « De toute façon quoiqu'en dise, c'est la version des policiers qui sera retenue ». « On ne sera pas écouté, faite votre boulot » à l'attention du président du tribunal. « Quand les policiers interviennent dans la rue ce n'est pas la jungle, ils n'ont pas à se prendre pour des cow-boys ».
Condamnations : 150 jours amende euros pour un, 100 jours amende à 10 € pour l'autre et 1 mois de prison avec sursis avec mise à l'épreuve pendant 24 mois pour le troisième.
Les perles du tribunal
Il venait de purger six mois de prison et peu de temps après c'était la fête des mères. N'ayant pas un sou en poche, il passe devant un magasin de fleurs avenue de la république et dérobe un bouquet (280 €) pour offrir à sa mère. Mais pour lui « ce n'était pas volé, c'était pour ma mère ». La mère remboursera le bouquet au fleuriste et le prévenu a remboursé sa mère selon ses dires.
Quand les grandes surfaces vendent des machines qui ne marchent pas, les voleurs se font attraper.
Un jeune homme en panne de télécommande se rend dans une grande surface pour en dérober une. Il enlève soigneusement le marquage magnétique avec son couteau et sort sans encombre. Arrivé à son domicile, il constate qu'elle ne marche pas.
Il retourne voler une deuxième télécommande, mais il n'enlève pas complètement la protection et se fait alpaguer à la sortie. Sa persévérance l'aura perdu pour 54 €.
Le prévenu (40 ans) toxicomane depuis l'âge de 11 ans s'était rangé en 1995. Il avait rencontré son ex compagne avec laquelle il a vécu pendant 10 ans. Deux enfants sont nés de leur union temporaire. Sa compagne lassée au bout du compte, décide de le quitter, car il est retombé dans la drogue. Le prévenu ayant mal digéré son abandon l'a harcelée au téléphone, lui a écrit des lettres odieuses. Mais en juin 2007, il s'est rendu chez elle et a tiré un coup de pistolet en l'air, les enfants étaient présents. À la barre visiblement dans un état amorphe, il répondra « qu'il n'avait pas pris conscience de la gravité des faits reprochés », mais il aime ses enfants car il a fait tatouer leurs prénoms sur son cou.
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